Allaiter est un choix personnel, et parfois ce n’est tout simplement pas possible. Quelle que soit votre situation, cette fiche est là pour vous informer, pas pour vous juger.
À retenir
- Le lait maternel contient tout ce dont bébé a besoin pour bien grandir, dans les bonnes quantités.
- Il est recommandé d’allaiter jusqu’aux 6 mois de bébé, mais même une courte durée est bénéfique.
- On peut ensuite poursuivre aussi longtemps que l’on le souhaite, avec la diversification.
- Ne pas pouvoir ou ne pas vouloir allaiter n’est pas un échec : les laits infantiles répondent aux besoins de bébé.
Pourquoi le lait maternel convient si bien à bébé
Le lait maternel contient de l’eau, des vitamines, des sels minéraux, des oligo-éléments, des sucres, des graisses, des protéines, mais aussi des anticorps et des cellules du système immunitaire.
- Il s’adapte sans cesse. Sa composition change au cours d’une tétée, au fil de la journée et au fil des mois.
- Il se digère facilement. Il est bien toléré par le tube digestif fragile de bébé, ses reins et son foie.
- Il est particulièrement recommandé pour les bébés prématurés ou nés avec un faible poids.
Ce que l’allaitement apporte à la santé de bébé
Une meilleure défense contre certaines infections
Grâce aux anticorps du lait maternel, les bébés allaités ont en moyenne moins d’otites, de gastro-entérites et d’infections pulmonaires et bronchiques pendant leur première année. Cette protection se prolonge jusqu’à 3 mois après l’arrêt de l’allaitement.
Attention : cela ne veut pas dire que bébé ne tombera jamais malade. Il s’agit d’une diminution du risque, pas d’une protection totale. Elle est d’autant plus nette que l’allaitement est exclusif pendant au moins 3 mois.
Des bénéfices à plus long terme
- Un risque plus faible d’obésité dans l’enfance.
- Moins de caries et de problèmes d’occlusion dentaire.
- Un facteur de protection contre la mort inattendue du nourrisson.
- Pour les enfants dont un parent, un frère ou une sœur est allergique : une diminution du risque d’eczéma et d’asthme, à condition d’un allaitement exclusif d’au moins 3 mois. Cette protection ne dure que jusqu’à 2 ou 3 ans.
Ce qui est encore à l’étude
Le lait maternel pourrait aussi favoriser le développement du langage et des compétences émotionnelles. D’autres pistes (diabète de type 1, maladies inflammatoires de l’intestin) sont étudiées, mais ne sont pas encore confirmées.
Le saviez-vous ?
Le goût du lait maternel varie d’une tétée à l’autre selon l’alimentation de la maman. Selon certaines études, cela pourrait aider bébé à accepter plus tard des aliments variés.
Ce que l’allaitement apporte à la maman
À court terme
- L’ocytocine fait se contracter l’utérus : il reprend plus vite sa place après l’accouchement et les saignements sont limités. Le risque de manquer de fer est moindre.
- L’allaitement favorise la perte de poids après l’accouchement.
- Il peut renforcer la confiance en soi et le lien avec bébé.
À long terme
- Un risque de cancer du sein diminué. Le suivi et le dépistage restent les mêmes que pour toutes les femmes.
- Un risque de diabète de type 2 diminué, y compris après un diabète gestationnel.
- Une possible protection contre l’ostéoporose après la ménopause, et contre certains autres cancers gynécologiques : ces points sont avancés par les études, sans être encore tous confirmés.
Si vous ne pouvez pas allaiter, ou si vous ne le souhaitez pas
Certaines mamans ne peuvent pas allaiter : raison médicale, manque de lait, douleurs intenses, parcours difficile. D’autres doivent arrêter plus tôt qu’elles ne l’auraient voulu. Quand c’était un souhait, cela peut faire de la peine, et c’est légitime. Mais une chose est sûre : ne pas pouvoir allaiter n’est absolument pas un échec en tant que mère. Si certaines femmes ne sont pas à l’aise avec l’allaitement, cela ne fait pas d’elles de moins bonnes mamans.
Votre bébé a tout ce qu’il lui faut
La composition des laits infantiles (« laits 1er âge ») est encadrée par une réglementation européenne. Ils sont élaborés pour répondre, à eux seuls, aux besoins nutritionnels de bébé pendant les premiers mois, jusqu’à l’introduction d’une alimentation complémentaire. Pour choisir celui qui convient, parlez-en avec votre médecin.
Le lien se construit aussi au biberon
Bien calé dans vos bras, bébé vous regarde, entend votre voix et sent votre chaleur. Le peau-à-peau fonctionne aussi pendant le biberon. Proposez-le à son rythme et respectez son appétit : inutile de le forcer à finir. Le papa, l’autre parent ou un proche peuvent eux aussi donner le biberon et vivre ce moment privilégié.
Et si vous aviez envie d’essayer ?
Une sage-femme, un pédiatre ou une consultante en lactation (IBCLC) peuvent vous accompagner et vous aider à y voir plus clair. Compléter avec du lait infantile, ou arrêter, reste une décision qui vous appartient, sans culpabilité.
Un moment de lien pour toute la famille
Pendant la tétée, bébé reconnaît l’odeur de sa maman, sent la chaleur de sa peau et entend les battements de son cœur. Ces échanges mobilisent tous les sens et contribuent à un lien d’attachement de qualité.
Et le papa, ou l’autre parent ? Il n’est pas mis à l’écart. Bercer, parler, donner le bain, aider à s’endormir : autant de moments qui construisent une relation tout aussi forte. Après quelques semaines, il peut aussi donner de temps en temps un biberon de lait tiré, pour permettre à la maman de souffler.
Jusqu’à quand allaiter ?
- Jusqu’à 6 mois : allaitement exclusif recommandé (au moins 4 mois si 6 mois n’est pas possible).
- Entre 4 et 6 mois révolus : début de la diversification. Le lait reste l’aliment principal de bébé.
- Ensuite : on peut continuer tant que bébé et maman le souhaitent. L’OMS recommande de poursuivre jusqu’aux 2 ans de l’enfant.
Compléter avec du lait infantile ou des aliments à la cuillère n’est pas un échec : il n’y a aucune raison de culpabiliser.
Si ça fait mal ou si vous avez des doutes
Les débuts demandent un apprentissage. Les mamelons peuvent être sensibles les premiers jours, mais passé ce cap, avoir mal n’est pas normal. Une mauvaise position ou une mauvaise prise du sein en sont souvent la cause, et cela se corrige.
- Parlez-en à votre sage-femme, à votre pédiatre ou à une consultante en lactation IBCLC.
- Mettre bébé au sein tôt et dès les signes d’éveil rend la montée de lait plus progressive.
- Vous hésitez encore ? Abordez-le lors du rendez-vous du 4e mois de grossesse avec votre sage-femme, ou contactez une association de soutien à l’allaitement.
Allaitement, reprise du travail et crèche
L’entrée en crèche n’oblige pas à arrêter l’allaitement. Plusieurs solutions existent :
- Lait tiré : vous tirez votre lait (au travail ou à la maison), puis vous le confiez à la crèche pour les biberons de la journée.
- Allaitement mixte : sein quand vous êtes ensemble, autre lait en votre absence.
- Un temps pour allaiter : le Code du travail prévoit une heure par jour pour allaiter votre enfant.
Vous pouvez commencer à tirer votre lait avant la reprise pour constituer un petit stock au congélateur. Prévoyez quelques jours d’adaptation : bébé doit s’habituer à la séparation et aux biberons. La tétée des retrouvailles le soir est un vrai moment de repos pour vous deux.